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Auto-Entrepreneur ou la liberté choisie

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Depuis quelques jours, voire quelques  semaines déjà de nombreux articles sont mis en ligne sur le sujet « AUTO-ENTREPRENEUR « .  Ce sujet me tient particulièrement à cœur, car  je l’attends depuis ….  La fin de mes études en fait.

Je vais essayer de faire rapide,  en 1996 mes diplômes en poche, pleine d’espoir je vais à la chambre des métiers… Naïvement je leur ai demandé comment faire pour s’installer à son compte ???? … Et là la réponse a été sans appel … et surtout très étonnante …   » En tout premier lieu  êtes  vous inscrite  à l’ ANPE  ????  »  Waouh,  je ne savais pas que pour travailler il fallait d’abord aller à l’ANPE …. Si si  et ainsi vous aurez des aides à la création d’entreprise m’a t-elle dit ensuite .

Donc me voilà inscrite, et obligée d’aller aux réunions  et je reçois des offres de boulot, notamment pour de la peinture sur textile en usine, je rappelle juste que je fais de la peinture sur porcelaine, et qu’en textile je n’y connais rien et j’ai droit à 3 refus de « JOB » avant de me voir radiée de l’ANPE …  Mais déjà à cette époque je ne rentrais pas dans les cases …. Bref au bout de six mois, les aides en question ne figurent plus au programme, et le seul moyen de créer sa société était à l’époque une SARL avec capital de départ que bien entendu je n’avais pas ….

J’ai donc fait des marchés et expositions occasionnels en attendant . Notre rythme de vie familiale fait que nous déménageons à peu près tous les 4 à 5 ans … Un peu difficile dans ces cas-là d’envisager de monter son entreprise à un tel coût pour la déplacer avant d’avoir eu le temps de faire son trou de façon pérenne …

Dans certaines villes, j’ai pu travailler dans des associations pour donner des cours, un travail à mi-temps, le vrai bonheur puisque mes enfants étaient encore petits,  j’avais mon travail et ma vie familiale en parfait équilibre … Quand je donnais des cours, pour 2 heures de cours je travaillais en fait 3h voir 3h30 en comptant les préparations et le rangement, je ne gagnais pas le SMIC , mais ça me suffisait , et personne ne venait me dire que je devais arrêter mon activité parce qu’elle n’était pas rentable. Certes je ne suis pas le pilier financier de la famille, mais mon salaire était la caisse loisirs.

Cours atelier Porcelaine

Cours porcelaine

marchenol

Mon souhait était de faire exactement la même chose mais à mon compte pour ne pas dépendre d’une structure …

En 2006/2007, un énième déménagement m’emmène dans une ville où aucune association ne peut m’accueillir, pas de souci, avec ma famille nous créons une association dont je deviens salariée, une structure qui me permet de donner des cours et de travailler avec des ateliers et des particuliers pour la réalisation de pièces de porcelaine …

denise et marie christine   Genevieve  Yoana

vaisselle-porcelaine         5-boite-coeur-porcelaine-rouge-noire

Encore une fois je ne gagne pas de quoi  faire vivre ma famille car pour un salaire de 300 ou 400 euros brut mensuel, l’association devait en fait sortir presque le double en cotisation.  Mais cette rémunération était le fruit de mon travail, qui  plus est, était mon loisir et un véritable plaisir, et non des allocations chômage ou un RMI. Et surtout j’étais indépendante !!!! Quel bonheur

En 2008, le statut  d’Auto-entrepreneur que j’attendais avec tant d’envie, pointe enfin le bout de son nez … Certes il a des défauts mais on peut travailler de façon légale à son rythme et en cotisant en fonction de ses gains …  OUF ON Y ARRIVE !!   Mais  au cours de l’été 2008 nous sommes mutés en Afrique ( pour mon plus grand plaisir j’avoue), 4 années au Togo …

Pas de soucis je serai auto-entrepreneur à mon retour ….. Je continue de peindre là-bas et de participer à différentes expositions …

P1030403     Café gourmand   P1040620

Eté 2012, nous rentrons, automne 2012 je m’inscris au statut d’auto-entrepreneur… Pas chômeuse ni dans le besoin donc je n’ai aucune réduction ni aide, je n’en demande pas ça tombe bien, je veux juste pouvoir pratiquer mon activité légalement, même si pour 200 euros de gain (cours et vente) il faut payer 40 euros RSI … Et bien entendu racheter du matériel, payer l’électricité … et tout le reste !

Avec ce statut, j’ai enfin accès à des catalogues  réservés aux professionnels, je peux donner des cours ou vendre mes réalisations en toute légalité, participer à de vrais salons de créateurs sans être cantonnée aux petits marchés ( sur lesquels, certes j’ai fait mes classes … Mais toujours coincée entre un stand de saucisson et de crêpes ), j’ai pu m’inscrire à un concours pour lequel j’avais toutes les compétences techniques mais dont le seul soucis était cette mention « réservé aux professionnels », je peux continuer mon parcours de vie « itinérante » sans avoir une énorme structure à déplacer.            Et avec mon amie d’enfance, elle aussi « Auto-entrepreneuse », nous imaginons de lier nos activités avec la gamme Chiffons & Porcelaine.

Atelier Porcelaine 3        

Encore une fois je ne fais pas vivre ma famille, mais c’est ma décision , ou plutôt une décision familiale,  un équilibre  trouvé et choisi.Et j’aimerais que l’on respecte ce choix, laissez nous nous contenter de ce que l’on peut fournir , certes on ne gagne pas tous le SMIC, certes on ne fait pas vivre 15 personnes mais au chômage a t-on le SMIC ??? Fait-on vivre sa famille de son travail ????

Et que dire du bien-être personnel de pouvoir gagner, même un peu, d’argent par son travail, alors laissez nous ne pas être dépendant de la société.

Concurrence avec les entreprises et/ou artisan ???? Vue mon activité, je me suis renseignée pour un label de qualité …

Oh surprise ! pour avoir ce label ( très utile pour faire valoir une certaine qualité d’exécution) , il faut avoir un chiffre d’affaire de 100 000 euros annuels … ce qui exclu les auto-entrepreneurs d’office … Donc l’entreprise qui vend mes pièces, donc mon travail peut bénéficier de ce label, alors qu’elle n’en a pas les compétences techniques, mais moi je n’y ai pas accès. Un label de qualité basé sur le chiffre d’affaire ce n’est pas beau ça !!!! Mais là s’ouvre un autre débat

Bien sur que si notre activité dépasse nos espérances, nous n’hésiterons pas à créer une multinationale, mais en attendant laissez nous travailler de nos 10 doigts et être fière de ce que l’on peut produire .

Qui cela dérange à part moi si je mets 20h à faire une pièce et que par conséquence le nombre de mes créations est et restera limité … Si moi cela me convient de ne pas gagner le SMIC ….

Une majorité d’entre nous est dans ce cas là , notre seul but est de faire de notre activité une activité légale …

La concurrence ne visent que certaines catégories bien précises de métier, alors ne mélangeons pas tout, et pour une fois,  que l’on fasse en sorte que la majorité des gens ne subissent pas des torts dus à une minorité de personnes.

Merci à ceux qui ont eu le courage de me lire jusqu’au bout
 

Pourquoi favoriser le fait main et l’artisanal ?

Parce qu’aujourd’hui dans notre société nous sommes mis dans des cases dès notre plus jeune age … Qui n’a pas entendu notre cher pédiatre nous dire d’un air désolé « ah mais madame à cet age là votre enfant devrait déjà pouvoir faire ce geste, devrait déjà pouvoir parler, ne devrait pas réagir comme cela » ????  et tout au long de notre vie c’est un peu la même chanson … on doit ressembler à cela, faire ceci, aimer ceci parce que c’est à a mode …et j’en passe et des meilleures …

Parce que les objets que l’on porte, que l’on utilise ou dont on se sert pour habiller notre quotidien sont le reflet de notre personnalité, de nos humeurs, ils devraient être tous différents.

Chaque objet que l’on conçoit  en tant qu’artisan , ou créateur individuel est le fruit d’une envie, d’une humeur ; Il raconte une histoire. Il ressemble aux femmes de Paul Verlaine dans son poème « Mon rêve familier » … Qui serait à chaque fois ni tout à  fait la même , ni tout à fait une autre …

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 Une fois terminé il part à la recherche de quelqu’un qui sera sensible à son identité et quelqu’un qui se reconnaitra en lui  pour commencer une seconde vie. On nous demande aussi d’écrire des histoires, de concevoir un objet un décor pour quelqu’un, afin qu’il soit totalement personnalisé.

Notre plus bel encouragement c’est quand on nous dit  » ce décor c’est vraiment moi, vous avez réussi à retranscrire ce dont j’avais envie »

Quand on offre un objet artisanal on ne fait pas un cadeau « pour faire un cadeau », on offre un objet qui nous ressemble ou qui ressemble à la personne à qui on le destine. Le message est alors des plus simples ,il s’agit juste de dire « j’ai pensé à toi ».

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Ces objets demandent souvent des heures de travail, pour nous ce sont des heures de délice en fait et de surprise parfois. Un peu comme la Tarte Tatin, on pense partir vers un but défini et on arrive à une réalisation diamétralement opposée. Des erreur de casting qui se transforment en jolies découvertes et deviennent un savoir faire ou une « particularité de notre art… Ou alors ce sont des heures de travail qui ont contribué à augmenté le nombre de nos spécialités « musée des petites horreurs » . Mais comme me le disaient mes élèves « Faire et défaire c’est toujours travailler »

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EN VOUS SOUHAITANT BEAUCOUP DE PETITS BONHEURS BIEN A VOUS

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